BAL 2026 – Conférence Kalahari : le bilan complet, les qualifiés et Craig Randall dans la légende

Apr 8, 2026 | Actualité, FIBA, NBA

Rideau sur Pretoria. La SunBet Arena a vécu, du 27 mars au 5 avril 2026, dix jours de basket africain intense, disputé, parfois renversant. La Conférence Kalahari de la BAL 2026 a livré son verdict au terme de quinze rencontres disputées sur huit journées, et les quatre qualifiés pour les playoffs de Kigali sont désormais connus. Mais avant de retenir les noms, il faut raconter comment cette conférence s’est vécue, parce qu’il s’y est passé des choses qui méritent mieux qu’une simple liste de résultats.

La sensation du tournoi : RSSB Tigers, l’outsider devenu patron

L’histoire de cette conférence, c’est d’abord celle d’une équipe qui n’était même pas censée fouler le parquet de la SunBet Arena de Pretoria. L’APR, le club champion national rwandais, a été contraint de se retirer de la compétition. La raison ? Le club est détenu par le Ministère de la Défense du Rwanda, dont certains éléments sont visés par des sanctions américaines. NBA Africa étant une entité américaine, l’accueil de l’APR devenait juridiquement impossible. C’est ainsi que la fédération rwandaise (FERWABA) a dû trouver un plan B en urgence : le 20 mars 2026, les RSSB Tigers sont officiellement désignés comme remplaçants. Oubliez les longues préparations de présaison : avec un camp d’entraînement démarré à peine deux semaines avant le début du tournoi, les Tigers débarquent en Afrique du Sud dans la précipitation, mais avec un mental d’acier et zéro complexe.

Les hommes du coach Henry Mwinuka ont ensuite fait exactement ce que personne n’attendait d’eux : ils ont bousculé l’élite africaine avec un panache incroyable. Dès le match d’ouverture, ils ont annoncé la couleur en faisant tomber les favoris libyens d’Al Ahly Ly (103-95). Mais c’est lors de la deuxième journée que l’équipe est définitivement entrée dans la légende. Face aux redoutables et très expérimentés Angolais du Petro de Luanda, les Tigers s’imposent sur le fil, 82-78. Un match rendu mémorable par le sang-froid irréel d’Antino Jackson Jr. : alors qu’il avait manqué ses cinq premiers tirs et ciré le banc une bonne partie de la seconde mi-temps, il sort de l’ombre à cinq secondes du buzzer pour planter le tir à trois points de la victoire. Un véritable coup de poignard qui vient sublimer la prestation XXL de son coéquipier Teafale Lenard Jr. (26 points, 5 interceptions), qui livrait ce soir-là le match de sa vie.

Le ton était donné. Portés par des joueurs qui se décrivent eux-mêmes comme des “chiens affamés”, les Tigers ont ensuite écrasé les hôtes sud-africains, les Johannesburg Giants (102-89). Avec ce départ parfait et spectaculaire de 3 victoires pour 0 défaite, le remplaçant de la dernière minute a validé son ticket pour les playoffs prévus en mai à la BK Arena de Kigali, devant son public. Une épopée historique, et la confirmation que cet outsider n’a, pour l’instant, tout simplement aucun plafond.

54 points, 11 trois-points : Craig Randall entre dans les livres

Le samedi 4 avril, face à Dar City, Craig Randall II a offert au basket africain l’une de ses plus belles soirées. Il termine avec 54 points au compteur tirant à 18/36 dont un impressionnant 11/24 à trois-points établissant ainsi un nouveau record absolu de la compétition en points inscrits lors d’un même match. Il a à lui seul pesé plus de la moitié des 104 points rwandais dans la victoire 104-92 contre Dar City.

Nisre Zouzoua, son principal défenseur ce soir-là, résumera sobrement la soirée : « Chapeau pour sa capacité de tir extraordinaire. » Il n’y avait pas grand-chose à ajouter. Antino Jackson Jr. et Mangok Mathiang ont complété le tableau avec 15 points chacun.

Quelques jours plus tôt, contre les Johannesburg Giants, Randall avait déjà signé une copie de 39 points, tandis que Mangok Mathiang compilait 32 points et 17 rebonds pour son deuxième double-double du tournoi. Une paire de gâchettes qui a transformé les Tigers en machine à marquer.

La dernière journée : les Tigers concèdent, Petro écrase

La dernière journée du 5 avril avait un air de formalité, les quatre qualifiés étant déjà connus. Les Tigers en ont profité pour souffler. Le coach Henry Mwinuka a décidé de reposer ses cadres, Craig Randall II, Teafale Lenard Jr. et Ntore Habimana afin de les préserver pour les playoffs.

Nairobi City Thunder en a profité pour signer l’un de leurs meilleurs matchs du tournoi, s’imposant 101-92 face aux Tigers dans ce qui restera comme l’unique défaite rwandaise de la conférence. Derrick Ogechi a porté le Thunder avec 22 points, dont 14 décisifs en seconde période, tandis que le capitaine Tylor Ongwae ajoutait 17 points, 6 rebonds et 7 passes. Une victoire d’honneur, mais une victoire pleine de sens pour une équipe kenyane qui construisait pour l’avenir.

Dans le deuxième match du jour, Petro de Luanda a conclu sa conférence en beauté, dominant les Johannesburg Giants 105-61. Javion Blake a mené les Angolais avec 21 points et 7 passes décisives, pendant qu’Aboubacar Gakou ajoutait 18 points et 10 rebonds. Une démonstration de force en guise d’aurevoir à Pretoria.

Classement final de la Conférence Kalahari

Rang Équipe Pays V D Statut
1 RSSB Tigers 🇷🇼 Rwanda 4 1 Qualifié
2 Petro de Luanda 🇦🇴 Angola 4 1 Qualifié
3 Al Ahly Ly 🇱🇾 Libye 3 2 Qualifié
4 Dar City 🇹🇿 Tanzanie 2 3 Qualifié
5 Nairobi City Thunder 🇰🇪 Kenya 2 3 Éliminé
6 Johannesburg Giants 🇿🇦 Afrique du Sud 0 5 Éliminé

Les joueurs qui ont marqué la conférence

Craig Randall II (RSSB Tigers) : Sans conteste le joueur du tournoi. Deux performances monumentales en deux jours, un record BAL en poche et un niveau de shooting qu’on ne voit pas souvent sur un parquet africain.

Mangok Mathiang (RSSB Tigers) : Le pivot a empilé deux doubles-doubles, pesant dans la raquette quand Randall prenait feu derrière l’arc. Un duo complémentaire redoutable.

Javion Blake (Petro de Luanda) : Meneur autoritaire, distributeur précis, capable de mettre 21 points tout en orchestrant le jeu. Il symbolise la régularité angolaise.

Derrick Ogechi (Nairobi City Thunder) : Son match de 22 points lors de la dernière journée a rappelé que Thunder avait du talent. Dommage pour une équipe qui méritait peut-être mieux que 2-3.

Aboubacar Gakou (Petro de Luanda) : Double-double lors du dernier match, présence constante dans la peinture tout au long du tournoi. Un intérieur à surveiller pour les playoffs.

Et maintenant ? Cap sur Rabat, puis Kigali

La BAL 2026 n’est pas terminée. La saison se poursuit avec la Conférence Sahara, qui aura lieu du 24 avril au 3 mai au Complexe sportif Prince Moulay Abdallah de Rabat, au Maroc. Six nouvelles équipes se disputeront quatre autres tickets pour les playoffs.

Les playoffs et la grande finale auront lieu du 22 au 31 mai à la BK Arena de Kigali, au Rwanda, qui accueille ainsi pour la sixième saison consécutive le dénouement de la compétition. Les quatre équipes qualifiées de Kalahari y retrouveront les quatre qualifiés de Sahara pour un top 8 digne des plus grandes compétitions continentales.

Une chose est déjà certaine : si les RSSB Tigers arrivent en playoffs avec Craig Randall en forme, le reste du tableau a du souci à se faire.

La Conférence Kalahari de la BAL 2026, c’est 15 matchs, des records fracassés, une surprise absolue venue du Rwanda et la confirmation qu’Al Ahly Ly et Petro de Luanda ne sont jamais loin quand ça compte vraiment. Rendez-vous à Rabat.

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