La Basketball Africa League(BAL) : Le rêve africain a son championnat

Mar 9, 2026 | Actualité

Présentation, histoire, palmarès et tout ce qu’il faut savoir sur la BAL avant la saison 6.

Il n’y a pas si longtemps, un joueur né à Lagos, Douala, Dakar ou Nairobi n’avait qu’un seul rêve s’il voulait faire carrière dans le basketball : partir. Partir vers l’Europe ou vers les États-Unis, là où les ligues professionnelles existaient et où les bourses universitaires ouvraient des portes. L’Afrique, continent de 1,6 milliard d’habitants, premier réservoir de talents athlétiques de la planète, n’avait pas sa propre ligue professionnelle de référence. Jusqu’en 2021. Jusqu’à la Basketball Africa League.

Depuis son lancement, la BAL a changé la donne. Elle a prouvé qu’un basketball africain de haut niveau, organisé, médiatisé et économiquement viable, était non seulement possible mais inévitable. Cinq saisons, cinq champions différents, des records d’audience dépassés chaque année, des stars révélées qui rejoignent aujourd’hui la NBA, et une sixième saison qui démarre dans quelques jours. Le moment est venu de tout savoir sur la BAL.

Genèse : quand la NBA et la FIBA décident de changer l’Afrique

L’idée de créer une ligue professionnelle panafricaine de basketball naît officiellement lors du week-end du All-Star Game de la NBA en février 2019. Le commissaire de la NBA, Adam Silver, annonce lors d’une conférence de presse un partenariat historique entre la NBA et la FIBA (Fédération internationale de basketball) pour lancer une ligue continentale africaine. Le projet est ambitieux : créer la première ligue professionnelle de basketball en Afrique, capable de retenir les talents locaux, d’attirer des investisseurs et de construire un écosystème économique autour du sport le plus populaire du continent après le football.

NBA Africa, la filiale africaine de la NBA, créée en mai 2021 prend en main la gestion opérationnelle de la ligue. L’organisation s’installe à Dakar, au Sénégal, siège symboliquement fort car la capitale sénégalaise est depuis longtemps un foyer du basketball africain. Parmi les investisseurs stratégiques fondateurs figurent des noms emblématiques : Dikembe Mutombo, la légende congolaise de la NBA, mais aussi Luol Deng (Soudan du Sud), Grant Hill, Joakim Noah et Ian Mahinmi. Et le coup de grâce médiatique est signé quelques mois plus tard par l’arrivée en tant que partenaire stratégique et actionnaire minoritaire de NBA Africa d’un certain Barack Obama, 44e président des États-Unis d’Amérique.

La première saison est lancée en mai 2021 à Kigali, au Rwanda, dans une bulle sanitaire imposée par la pandémie de Covid-19. Douze équipes, des matchs électrisants et un premier champion : le Zamalek SC d’Égypte. Le basketball africain entre dans une nouvelle ère.

Comment fonctionne la BAL ?

Le format de la BAL est simple, efficace et conçu pour maximiser la qualité sportive tout en maintenant une logistique continentale réaliste. Chaque saison réunit douze clubs issus de douze pays africains différents. La qualification se fait selon deux méthodes : les champions nationaux de sept pays désignés (Angola, Égypte, Maroc, Nigeria, Rwanda, Sénégal et Tunisie) accèdent directement à la ligue. Les cinq places restantes sont attribuées via le Road to BAL, un tournoi de qualification organisé par FIBA Africa d’octobre à décembre, ouvert aux champions des autres pays du continent.

La saison elle-même se déroule en trois phases. Les douze équipes sont réparties en deux conférences de six équipes, chacune jouant sa phase de groupes dans une ville hôte différente. Chaque équipe affronte les cinq autres de sa conférence une fois pour un total de quinze matchs par conférence. Les quatre meilleures équipes de chaque conférence — soit huit au total se qualifient ensuite pour les playoffs et les finales, disputés dans une troisième ville hôte. Les matchs à élimination directe culminent avec la grande finale, qui désigne le champion BAL de la saison. Le trophée remis au vainqueur est inspiré du baobab, l’arbre symbole de l’Afrique.

Un détail qui illustre l’ambition de la BAL : depuis la saison 2021, le champion de la BAL est automatiquement qualifié pour la Coupe intercontinentale de la FIBA, la compétition qui réunit les meilleurs clubs de chaque continent. La porte vers le basket mondial est désormais ouverte depuis l’Afrique.

Le palmarès : cinq saisons, cinq champions

Saison 2021 : Zamalek SC (Égypte)

La première édition, jouée en bulle à Kigali en mai 2021, est remportée par le Zamalek SC du Caire. Les Égyptiens, l’une des franchises les plus historiques du basketball africain, dominent la compétition de bout en bout et soulèvent le tout premier trophée BAL. Douze équipes, des tribunes vides mais un niveau de jeu qui stupéfie les observateurs.

Saison 2022 : US Monastir (Tunisie)

La deuxième édition voit l’émergence de l’US Monastir, le club tunisien qui deviendra l’une des valeurs sûres de la compétition. Les Tunisiens remportent le titre en battant les Rivers Hoopers du Nigeria en finale. C’est la première fois qu’un club nord-africain autre que les Égyptiens s’impose en BAL.

Saison 2023 : Al Ahly SC (Égypte)

Le retour de l’Égypte au sommet avec Al Ahly SC, le club le plus titré d’Afrique toutes disciplines confondues. Les Cairotes réalisent une saison parfaite et s’imposent en finale avec autorité, ajoutant la couronne BAL à leur palmarès déjà surchargé.

Saison 2024 : Petro de Luanda (Angola)

L’édition 2024 marque une rupture historique : pour la première fois, un club d’Afrique subsaharienne remporte le titre. Petro de Luanda, le géant angolais du basketball africain, est sacré champion après une campagne magistrale. Yanick Moreira s’impose comme l’un des meilleurs joueurs de la compétition. C’est également lors de cette saison qu’Ulrich Chomche, joueur camerounais issu de la BAL, devient le premier ancien pensionnaire de la ligue à être drafté en NBA.

Saison 2025 : Al Ahli Tripoli (Libye) – Le sacre de l’outsider

L’édition 2025 restera comme la plus surprenante de l’histoire de la BAL. Al Ahli Tripoli, club libyen qui n’avait jamais participé à la compétition, débarque en tant que débutant et réalise un parcours sans faute. Six victoires en six matchs de phase de groupes avant de tout renverser en playoffs. En finale, disputée le 14 juin 2025 à la SunBet Arena de Pretoria (première fois que les finales sont organisées en Afrique du Sud), les Libyens écrasent les champions en titre Petro de Luanda 88-67. Jean-Jacques Boissy est nommé MVP de la saison. Al Ahli Tripoli devient ainsi la première équipe à remporter le titre dès sa première participation à la BAL, et le premier club libyen couronné en Afrique. En septembre 2025, Al Ahli Tripoli représente l’Afrique à la Coupe intercontinentale FIBA à Singapour et remporte la médaille de bronze en battant le Flamengo brésilien 91-82. une première pour un champion BAL sur la scène mondiale.

Un impact qui dépasse le terrain

Les chiffres de la BAL parlent d’eux-mêmes. En cinq saisons, la ligue a contribué à hauteur de 250 millions de dollars au PIB du continent africain selon les données compilées par la BAL et ses partenaires. L’édition 2025 a enregistré 2 739 498 vues sur la chaîne YouTube officielle de la ligue, soit une hausse de 69 % par rapport à l’année précédente. Au total, 141 564 spectateurs ont assisté aux matchs de la saison 2025 en présentiel, un record absolu. La compétition est désormais diffusée dans 214 pays et territoires, en 17 langues.

Au-delà des statistiques, la BAL a également changé le parcours des joueurs africains. Le programme BAL Elevate permet chaque saison à douze jeunes prospects de la NBA Academy Africa d’intégrer un club BAL pour se former au contact des professionnels. Résultat concret : Khaman Maluach, passé par la BAL, a été drafté en 10e position au premier tour de la Draft NBA 2025 par les Rockets de Houston devenant ainsi le joueur le plus haut drafté issu de la BAL dans l’histoire de la compétition. Adam Silver, commissaire de la NBA, a annoncé en septembre 2025 son intention de faire évoluer la BAL vers un modèle de franchises permanentes une transformation qui ancrerait définitivement la ligue dans le paysage sportif mondial.

La saison 6 (2026) : tout ce qu’il faut savoir

Calendrier

  • Conférence Kalahari : 27 mars – 5 avril 2026 à la SunBet Arena de Pretoria, Afrique du Sud
  • Conférence Sahara : 24 avril – 3 mai 2026 au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat, Maroc
  • Playoffs et Finales : 22 – 31 mai 2026 à la BK Arena de Kigali, Rwanda
  • Format : 12 équipes, 2 conférences de 6, 42 matchs au total, 8 qualifiés pour les playoffs

Conférence Kalahari – Pretoria

  • 🇦🇴  Petro de Luanda (Angola) – seule équipe présente depuis les 6 saisons, champion 2024, outsider dangereux
  • 🇱🇾  Al Ahly Ly (Libye) – finaliste 2024, qualifié via le Road to BAL, renforcé par le MVP Boissy
  • 🇷🇼  APR (Armée Patriotique Rwandaise) (Rwanda) – demi-finaliste 2025, habitué des phases finales
  • 🇿🇦  Johannesburg Giants (Afrique du Sud) – nouvelle équipe, premier représentant joburgeois de la BAL
  • 🇹🇿  Dar City (Tanzanie) – premier représentant tanzanien de toute l’histoire de la BAL
  • 🇰🇪  Nairobi City Thunder (Kenya) – habitué de la compétition, toujours en quête d’un premier titre

Conférence Sahara – Rabat

  • 🇪🇬  Al Ahly SC (Égypte) – champion 2023, l’un des clubs les plus titrés d’Afrique
  • 🇲🇦  FUS de Rabat (Maroc) – représentant marocain à domicile, soutien populaire garanti
  • 🇸🇳  AS Ville de Dakar (Sénégal) – représentant sénégalais, ambitions de demi-finale
  • 🇹🇳  Club Africain (Tunisie) – nouveau participant, grand nom du sport tunisien
  • 🇨🇮  JCA Kings (Côte d’Ivoire) – premier représentant ivoirien de la BAL, à suivre de près
  • 🇳🇬  Maktown Flyers (Nigeria) – nouveau participant nigérian, vivier de talents athlétiques

Les équipes à suivre cette saison

Al Ahly Benghazi (Libye) : L’outsider qui veut tout rafler

Finaliste malheureux de la saison 4 en 2024, Al Ahly Benghazi revient en saison 6 avec une ambition intacte et une recrue de poids : Jean-Jacques Boissy, le MVP de la saison 2025 avec Al Ahly Tripoli. Le club libyen, qualifié via le Road to BAL, n’a jamais remporté le titre mais possède l’expérience des grandes occasions. Avec Boissy dans son effectif, Benghazi devient immédiatement l’une des équipes les plus dangereuses de la Conférence Kalahari.

Petro de Luanda (Angola) : La revanche des blessés

Finalistes 2025 battus 88-67 dans une finale cauchemardesque, les Angolais reviennent avec une seule idée en tête : effacer cette défaite humiliante. Seule équipe à s’être qualifiée pour les six saisons de la BAL sans interruption, Petro de Luanda est l’institution du basketball africain. Leur régularité et leur expérience collective sont incomparables. Cette saison, ils jouent à domicile dans la Conférence Kalahari à Pretoria.

Al Ahly SC (Égypte) : Le géant qui veut un deuxième titre

Trois fois présent en phase de poules, une fois champion (2023), Al Ahly SC arrive à Rabat avec un effectif renforcé. Le club cairote, le plus populaire d’Afrique toutes disciplines confondues, a la profondeur de banc et les ressources pour aller chercher un second titre. Dans une Conférence Sahara relevée avec FUS de Rabat à domicile et AS Ville de Dakar, rien n’est acquis.

JCA Kings (Côte d’Ivoire) : La révélation attendue

Le premier représentant ivoirien de l’histoire de la BAL. La Côte d’Ivoire, nation en pleine montée en puissance dans le basketball africain, fait enfin son entrée dans la compétition avec les JCA Kings d’Abidjan. À l’image de Kriol Star du Cap-Vert qui avait créé la surprise en 2025, les Kings peuvent tout à fait bousculer l’ordre établi dans leur conférence.

Top 5 Highlights BAL (à voir absolument)

La BAL, c’est aussi des actions spectaculaires, des dunks tonitruants et des tirs impossibles qui font le tour du monde. Voici le Top 5 des meilleurs moments de la compétition à ne pas manquer :

Les joueurs à suivre en BAL 2026

Nuni Omot (APR Rwanda) : Le sniper est de retour

L’un des joueurs les plus spectaculaires de la BAL ces deux dernières saisons. Tireur d’élite à trois points, Nuni Omot a été le meilleur marqueur de l’APR lors des demi-finales 2025 avec 22 points face à Al Ahli Tripoli. Son adresse longue distance et sa capacité à prendre feu en un seul quart-temps en font l’un des entertainers les plus appréciés des fans de la BAL. S’il retrouve son meilleur niveau dès la Conférence Kalahari, l’APR peut prétendre aux finales.

Jean-Jacques Boissy (Al Ahli Tripoli) : Le MVP qui veut confirmer

À 26 ans, Jean-Jacques Boissy est l’une des révélations les plus marquantes de l’histoire récente de la BAL. Meneur de jeu sénégalais explosif et tranchant, il a réalisé en 2025 la saison de sa vie avec Al Ahly Tripoli, qu’il avait porté au sacre lors de la toute première participation du club à la compétition. Son parcours en BAL est celui d’un homme qui n’a jamais lâché : finaliste malheureux en 2022 avec l’AS Douanes du Sénégal, éliminé en playoffs en 2023 et 2024, il a pris une revanche éclatante sur le destin en dominant la saison 5 de bout en bout. Meilleur marqueur de la compétition avec 18,9 points de moyenne sur dix matchs, 3,5 rebonds et 2,2 interceptions par rencontre, nommé MVP de la saison et récompensé du trophée Hakeem Olajuwon, il a également été sélectionné dans la All-BAL Defensive First Team prouvant qu’il pèse autant en défense qu’en attaque. Pour la saison 6, il quitte Tripoli pour rejoindre Al Ahly Benghazi, le club libyen finaliste de la saison 4 en 2024, avec une mission claire : transformer l’argent de Benghazi en or. Avec Boissy comme fer de lance, les Libyens seront l’une des équipes les plus redoutables de la Conférence Kalahari.

Yanick Moreira (Petro de Luanda) : Le capitaine qui veut sa revanche

Le capitaine et âme des Angolais. Pivot dominant, physiquement imposant et fort en défense, Yanick Moreira est le symbole de la résilience de Petro de Luanda. Après la déception de la finale 2025, il revient avec une faim décuplée. S’il parvient à éteindre les lignes intérieures adverses comme il en est capable, Petro sera une machine à gagner.

Les joueurs des nouvelles équipes : Les surprises à venir

À chaque saison BAL, une nouvelle équipe sort de l’ombre pour surprendre tout le monde. En 2025, c’était Al Ahli Tripoli. En 2026, les regards se tourneront naturellement vers les débutants. Dar City (Tanzanie), les JCA Kings (Côte d’Ivoire) et les Maktown Flyers (Nigeria) arrivent avec des effectifs inconnus du grand public  mais le programme BAL Elevate aura intégré douze jeunes prospects NBA dans les douze équipes, et l’un d’entre eux pourrait bien être la révélation de la saison.

Une ligue jeune, ambitieuse et déjà indispensable

En six ans d’existence, la Basketball Africa League a changé le visage du sport africain. Elle a créé une ligue professionnelle de référence là où il n’en existait pas, elle a révélé des talents que le monde entier convoite aujourd’hui, elle a construit une audience de 214 pays et elle a prouvé que l’Afrique peut organiser, produire et diffuser un spectacle sportif de classe mondiale. La saison 6 commence le 27 mars 2026 à Pretoria. Douze équipes, douze pays, un trophée. Et un continent entier qui regarde.

La BAL n’est plus une promesse. Elle est une réalité. Et cette réalité, chaque saison, est un peu plus grande.

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